On ne peut pas plaire à tout le monde
lundi 14 novembre 2005
« Nous avons du batailler ferme et tenir bon (la collaboration SML-CSMF et Alliance a été efficace et sans faille, puisque nous n’avons pas cédé). Tout le monde doit prendre conscience que le médecin référent constituait une menace grave, dont nous devions nous débarrasser. »
Dinorino Cabrera, président du Syndicat des Médecins Libéraux, Décembre 2004
« Jusqu’au dernier moment il a fallu batailler ferme pour que nos interlocuteurs acceptent de renoncer au « médecin réfèrent »> au profit du « médecin traitant ». Il sera donc fermé dès cette année et amené à disparaître dans les deux ans qui viennent. »
Michel Chassang, président de la Confédération des Syndicats Médicaux de France,
LE MEDECIN DE France, le journal de la CSMF, 30/12/2004
« En effet, que voulait-on ?
l’abandon définitif de l’option référent.
UNE SEULE ET UNIQUE CONVENTION.
Qu’obtenions nous d’autre que la satisfaction pleine et entière de ces deux objectifs ? »
Pourquoi j’ai signé, Michel Lecoin, Président CSMF-49
Cependant, même au sein des syndicats signataires les plus opposés à l’option référent pour des raisons idéologiques, des voix dissidentes se font entendre :
Lettre ouverte d’un membre du comité directeur de l’ UNOF depuis 15 ans, médecin réfèrent depuis 3 ans … ! décembre 2004
En 1995, la CSMF signait avec la CPAM sa dernière et éphémère convention. Unique pour les médecins généralistes et spécialistes, cette convention instituait le dossier de suivi avec carnet médical détenu par le patient.
A la demande d’un patient présentant au moins deux pathologies chroniques, le médecin traitant désigné par le patient signait avec celui-ci un protocole les engageant dans un projet thérapeutique détaillé dans le carnet médical patient.
La présentation de ce carnet médical était obligatoire auprès de tout médecin généraliste, spécialiste, hospitalier. A partir du premier janvier 1996, en l’absence de ce document, les soins pouvaient ne pas être remboursés.
Pour le suivi de ce patient, en sus du paiement à l’acte un forfait annuel de 150 F était prévu.
En 1997, MG France signait sa première convention spécifique à la médecine générale avec l’option médecin réfèrent.
La possibilité de signer un engagement auprès d’un médecin librement choisi était étendue à tous les patients de plus de 16 ans. La rémunération du médecin (2 fois 75 F) était donc la même et les engagements du patient auprès de ce médecin identiques.
Ce forfait est passé le 01 janvier 2001 à deux fois 150 F (45,74 €) annuels.
Les contreparties jugées alors inacceptables par la CSMF pour apposer sa signature au bas de la convention instituant le médecin réfèrent étaient :
- L’engagement vers la prescription de génériques
- La télétransmission
- Le tiers payant
- La notion de filière de soins
Depuis, les avenants successifs, notamment lors du passage du C à 20, ont institué la prescription tant honnie des génériques, le droit de substitution, et la télétransmission, avec l’ aval de la CSMF !
Deux points constituaient encore un blocage quasi idéologique pour justifier le refus du médecin réfèrent par la CSMF : - La notion de filière de soins : avis nécessaire du médecin réfèrent dans le choix du spécialiste consultant
- Le tiers payant, accepté par toutes les autres professions paramédicales et si largement utilisé par… les médecins spécialistes.
Pourtant ce que se prépare à signer la CSMF c’est :
- D’une part l’acceptation de la notion de filière lorsque qu’ elle s’ accompagne de la cotation en C2 (40 € à la place du CS à 25 ) qui n’ est que la juste revalorisation si attendue du rôle de consultant du spécialiste, MAIS …
- D’autre part la disparition de la rémunération spécifique du médecin de famille comme coordonnateur du suivi médical (forfait annuel du médecin réfèrent)
Qu’est devenu le cheval de bataille syndical de l’ UNOF C = CS ?
Refuser aux généralistes 45,74 € annuels, et leur accorder 2€ pour une majoration de soins coordonnés… qu’ils n’utiliseront qu’exceptionnellement !
Et dans le même temps accepter pour les seuls spécialistes le C2 à 40 € et une majoration de 4 € pour soins coordonnés … tout en conservant un secteur 2
Est ce la bonne façon de parvenir à cette égalité entre C et CS ?
Je crois à un syndicat pluricatégoriel qui défend chacune de ses composantes.
Je me réjouis des avancées encore bien insuffisantes obtenues par les spécialistes
Je suis attristé que l’on puisse se réjouir du recul infligé aux généralistes qui, avec l’option référent si mal comprise, avaient bénéficié d’un ‘’secteur 2’’ adapté à la médecine de famille.
Nicolas ROBIN Président CSMF 55
