Certains de mes patients connaissant mon anticléricalisme, un peu taquins s’amusaient à me dire "mon révérent, pardon, mon référent", un peu fiers quand même de ce capital confiance versé. Le référent n’était autre que l’héritier de ce médecin "de famille" en qui on avait toute confiance, qui griffonnait une ordonnance illisible sur le coin de la table de la cuisine, et partait vite, après avoir accepté un petit café pour reprendre courage, vers d’autres visites, jusqu’à plus d’heures. Le médecin référent était un médecin moderne. Il avait mis au rancard cette image un peu paternaliste et mystérieuse. Il l’avait fait comme tous les médecins bien sur, mais souvent un peu plus.
Les patients ne s’en plaignaient pas, non, ils étaient fiers de leur dossier où "il y avait tout". ils étaient fiers aussi de ce contrat qu’ils avaient signé et qui permettait au Docteur d’être payé pour le temps qu’il passait, ils le savaient bien, à faire tout ce qui restait une fois que la journée était finie…
Lettres aux spécialistes, mise à jour du dossier, rédaction du document de synthèse, rappel des patients dont la prise de sang le nécessitait, sans compter les heures passées au téléphone pour avoir des nouvelles des malades hospitalisés ou le compte rendu d’une consultation qui n’était pas arrivé.
Ils étaient content que ce contrat donne au docteur aussi un peu plus de temps pour les écouter parfois…
Ils avaient bien vu que les peintures avaient été refaites et un secrétariat aménagé. Ils étaient reçus sur rendez-vous et les résultats étaient enregistrés et rangés à temps dans leur dossier. Il faut dire que le temps où c’était la femme du Docteur qui recevait les patients et répondait au téléphone était révolu, ça faisait bien longtemps que celle-ci travaillait de son côté et avait cessé ce bénévolat. Leur médecin partait un peu plus souvent en formation, aussi. Il revenait avec des idées nouvelles, l’air détendu et de vraiment aimer son métier. Parfois, quand il se livrait un peu, il leur disait le bien que ça lui faisait de confronter son expérience avec d’autres… Depuis qu’il avait une secrétaire, c’était plus facile quand il y avait un remplaçant… Et puis, il y avait le tiers payant, comme à la pharmacie, enfin. C’était vraiment bien pour les gens un peu " juste " de ne pas avoir à dire "docteur, si vous attendiez quelques jours avant d’encaisser mon chèque…"
Pourtant, quand l’Option Médecin Référent avait vu le jour, quel tollé, quels hurlements de la plus grande partie de la profession…
On attaquait ce qu’elle avait de plus cher, la liberté, paraît-il. Les médecins référents ont tout entendu, médecin "déférent" et là ce n’était pas une taquinerie, "médecins de caisse"…
Liberté de quoi ?
de prescrire cher alors que ça n’était pas utile la dernière statine ou le dernier sartan à la mode ?
de la course à l’acte ?
de palper les billets qui s’accumulent dans le tiroir-caisse ?
de tenir (ou de ne pas tenir) les dossiers comme on en avait envie ?
Les médecins référents ont laissé passer ce qu’ils croyaient être un orage et ont continué leur travail comme ils l’entendaient parce qu’ils savaient qu’enfin celui-ci était reconnu. Ils ont mieux travaillé parce qu’ils en avaient les moyens, et ils n’ont pas eu honte de mieux gagner leur vie.
Et puis un petit bout de loi passé inaperçu a permis à des syndicats de "confrères" de se venger de ceux qui avaient su tirer partie de l’OMR. Ils ont décidé de la faire disparaître.
Et ils ont accepté dans la foulée que le principe de l’égalité des soins déjà mise à mal soit progressivement enterrée, vivante, euro après euro…
AU NOM DE LA LIBERTÉ !!!
A ce qu’il paraît, le médecin traitant, c’est la liberté. Liberté de prendre, de jeter son médecin, peut-être, est-ce vraiment ce que nous appelons de nos voeux, médecins et patients ?
Alors que le médecin traitant aura encore plus d’obligations à accomplir que le médecin référent, il devra le faire sans aucune reconnaissance. Il sera le notaire esclave de dossiers de patients parfois entièrement suivis par des spécialistes.
Et ces obligation blâmées il fut un temps par ces syndicats seraient maintenant parfaitement légitime ???
Il est temps pour les médecins référents de relever la tête et de revendiquer haut et fort leur certitude que le médecin référent doit servir de modèle pour la médecine générale de demain, que l’enterrement de l’Option Référent sera aussi celui de notre métier et qu’on ne peut pas le laisser faire.
Hélène Baudry 28 février 2005
Hélène BAUDRY-LAMY
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Forum
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> On m’appelait médecin référent22 juin 2005, par Dr Rémy LOUVET
Je pensais qu’on était des médecins libéraux et voilà que ce syndicat socialiste (il faut le dire) a accepté de lier les médecins aux paiements de la CQ.
Pour notre profession, je suis désolé de le dire, cette option Méd-Rèf n’était pas bonne car risquée à moyen terme (faillite actuelle des signataires), coupant le médecin de son obligation de bien soigner mais surtout élaborant un lien de SUBORDINATION des médecins aux organismes contrôleurs et assurantiels.
Retrouvons notre DIGNITE de Médecin Libéral, et n’acceptons plus ces aumônes de Dame CQ qui veut encore et toujours nous saucisonner ; nos honoraires ne doivent provenir que de notre travail de médecin (donc de nos patients) et pas des tutelles.
Votre assurance-voiture vous paie t’elle votre essence ?????
Confraternellement
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> > On m’appelait médecin référent22 juin 2005, par Francis BLANCLa lettre de Remy Louvet m’a d’abord fait l’effet d’un pastiche ; tant de lieux communs accumulés en quelques lignes ne pouvait être que le fait d’un ironique Desproges médical, qui bien sur disait le contraire de ce qu’il semblait affirmer. Desproges avait un talent fou, la dent dure et la méchanceté nécessaire, car il s’attaquait à des monstres au cuir épais. Mais là ? Je relis encore et ne suis pas convaincu ; je ne peux croire que quelqu’un puisse sérieusement penser ce qu’il a écrit, surtout s’il est médecin de terrain. J’en conclus donc, docteur Louvet, si vous pastichez, vous êtes doués, continuez ! Si vous êtes sérieux, nous évoluons dans des univers tellement différents que le mot de confrère n’a plus grand sens et que la discussion va tourner au dialogue de sourd J’attends vos précisions.
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> > On m’appelait médecin référent22 juin 2005, par Pierre NEVIANS
Votre propos est du domaine de l’affectif, non du raisonnable (dans les 2 sens du mot).

Changer simplement quelques mots serait déjà faire preuve d’un bel effort : par exemple, placez la dignité du médecin libéral au niveau du soin, non de sa rémunération !

Confraternellement aussi
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Maffioli et Douste plus socialo que Costes ??23 juin 2005, par JioceF
… ben oui Rémy
en 2005 l’UMP et Maffioli ont fait avaller à TOUS les mg un truc encore pire que l’OMR "socialo" (comme tu dis si bien) que Bouton et Aubry et Spaeth en 1998
.. autre siècle .. autre moeurs .. autre cocus … ami Louvet … et perso tu as perdu 6 ans de contrats MR … bravo !! Tu as fait le compte au moins avant de raconter une millième fois les conneries du SML ?? .. hein ?? .. on espère ;O))
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> On m’appelait médecin référent10 avril 2005, par Jean DorléansDans ma région, Breuillet (91650) dans l’Essonne, une camarilla de généralistes s’est organisée pour refuser de devenir médecins référents. Les moins convaincus ont suivi leurs collègues pour ne pas être mis à l’index, Comment faire pour trouver un médecin référent face à cette mafia ?
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Les défauts de l’OMR ?11 avril 2005, par Jiocef
>> Comment faire pour trouver un médecin référent face à cette mafia ?
… reconnaitre que l’OMR a été vendue aux Caisses en échange de quelques trucs un peu "salés" pour les MG .. dont notat-ment(*) une certaine obligation de "Permanence des soins" ??
(*)NB : désolé pour mon correcteur orthographique, que j’ai piqué sur un site syndical .. celui de FO ou de SUD sans doute … mais me direz-vous de qui se MOK t’on, hein ;O)
@+
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> On m’appelait médecin référent9 mars 2005, par Alain Quéguiner
Je suis peu bavard,je lis l’abondante argumentation des un et des autres et j’aime la synthèse ;
Hélène est une experte en synthèse son texte est émouvant il balaie tous les tabous et bien sûr je me reconnais dans son portrait.
ça redonne du courage
Merci Hélène
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> On m’appelait médecin référent8 mars 2005, par GRUNBERG Philippe 16 rue Parmentier 93220 GAGNYMerci de cet article, Merci de ce combat qui redonne un peu d’espoir que ces 8 années de "références" ne tombent pas complètement dans l’oubli. Nous devrons être là quand la mascarade du médecin traitant sera démasquée.
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