Maîtres de stage de médecine générale : la patience à ses limites.
dimanche 12 mars 2006 par Pierre NEVIANS
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Flash info du
Président du CNGE
Maîtres de stage de médecine générale : la patience à ses limites.
Chers amis,Être enseignant de médecine générale, c'est en tout premier lieu être Maître de stage. Cette affirmation est pour le CNGE depuis longtemps une évidence, mais ni les ministères de tutelle, ni la conférence des doyens, ni les universitaires titulaires ne la partagent. Les revalorisations statutaires et financières des enseignants de médecine générale, maîtres de stage, chargées d'enseignements, tuteurs, associés, ne leur semblent pas essentielles. Ils ignorent les efforts d'organisation et les contraintes financières que l'activité libérale impose pour enseigner. Quant à la filière universitaire, deux ans après la mise en place du diplôme d'études spécialisées (DES), toujours aucune perspective ne se dessine
Les seuls dossiers en passe d'aboutir correspondent à des nécessités indépendantes de la promotion de la discipline et du service rendu aux enseignants, aux étudiants et aux patients. C'est le cas de la mise en place du stage de médecine générale de 2ème cycle que nous réclamons depuis 1997. Sa possible mise en place prochaine n'est motivée que par la pression unanime des étudiants mais aussi et surtout par la carence de lieux de stage hospitaliers. Une fois de plus la logique de fonctionnement prévaut sur la logique pédagogique, avec son corollaire : un financement tout à fait insuffisant pour couvrir les besoins.
La situation actuelle est inacceptable :
Depuis 10 ans, vous, maîtres de stage, êtes sollicités afin d'acquérir un niveau d'excellence pédagogique et professionnelle pour former et encadrer de futurs spécialistes de médecine générale. Vous assumez ces tâches dans les mêmes conditions d'absence de tout statut universitaire et de complet blocage de vos honoraires pédagogiques! Agrément précaire et renouvelable au bon vouloir de la faculté, paiement en honoraires, et non en salaires, à un montant identique depuis la mise en place du stage! Votre lassitude et votre refus d'accepter cette situation inique sont légitimes.
La première cohorte des futurs spécialistes en médecine générale sortira de la faculté dans moins de 18 mois. L'absence de toute filière universitaire de médecine générale ambulatoire comportant des titulaires universitaires ambulatoires, des chefs de clinique ambulatoires, conduit de manière forcée, sinon voulue à l'exercice hospitalier des futurs universitaires de médecine générale sortant du DES. Les plus brillants des IMG seront recrutés pour le fonctionnement de l'hôpital si besoin par le biais des DESC.
La spécialité universitaire de médecine générale se prépare inexorablement à être supervisée, expertisée et conduite par des universitaires hospitaliers qui n'auront bien sur jamais exercé dans le contexte ambulatoire et qui ne connaîtront donc pas la discipline dans ses principes et ses fonctions. C'est un retour en arrière de plus de 20 ans. Dans ce contexte, maîtres de stage, médecins généralistes vous risquez d'être toujours et pour longtemps ignorés dans votre fonction universitaire.
Le CNGE a choisi depuis deux ans, à coté de ses missions scientifiques et pédagogiques, d'assumer une posture et une action de plus en plus politique, comportant une synergie d'action avec les syndicats juniors et les syndicats seniors. Cette action du collège n'est pas entendue, la revendication légitime des enseignants généralistes est tenue pour négligeable.
La vocation de société scientifique du CNGE est difficilement compatible avec une action revendicatrice nécessairement de plus en plus forte et plus marquée. La lourdeur des dossiers, les difficultés de reconnaissance institutionnelle et de disponibilité des cadres sont récurrentes.
Pour promouvoir la médecine générale, sa place dans le système de distribution de soins, notre vision universitaire de la discipline, il est nécessaire d'allier comme la majorité des autres disciplines médicales, la visibilité et la production de la société scientifique d'une part, et la légitimité et la force d'une structure professionnelle d'autre part.
Les forces vives et les équipes du CNGE doivent être mobilisées sur la formation, la recherche et la production, le versant politique de la structure étant au service de ces chantiers.
Le versant politique et revendicatif doit maintenant être pris en charge par une nouvelle structure dédiée qui doit pleinement être en mesure d'assumer ce positionnement et soit reconnue comme légitime par l'ensemble des enseignants généralistes, dans toutes les fonctions qu'ils assument, ainsi que par les institutions et les partenaires. Pour acquérir cette légitimité, il est nécessaire que cette structure soit syndicale, spécifique pour les enseignants généralistes, complémentaire des syndicats professionnels existants, et bénéficiant de l'élan et de l'adhésion de tous.
Le temps est venu de sa création, afin d'assumer le rôle revendicatif et catégoriel nécessaire, en harmonie avec les valeurs et les projets de notre société scientifique et avec notre conception de la médecine générale et des soins primaires.
Son travail sera de mener l'action et la négociation suivant deux axes de réflexion indissociables :
La revalorisation du statut et de la rémunération des maîtres de stage, avec une fonction reconnue par l'université.
La création de la filière universitaire de médecine générale en ambulatoire permettant la promotion de l'ensemble de la profession à l'égal des autres spécialités, comportant la sous section au conseil national des universités.
Maîtres de stage, vous n'êtes pas des missionnaires, des bénévoles ni des mendiants.
Vous êtes des enseignants à part entière, engagés dans l'avenir de la médecine générale.
Lucides et déterminés, vous constituez les forces vives de la médecine actuelle et à venir.
Dans ma précédente lettre, je concluais en disant « ça passe ou ça passe »...
Pour que cela passe, donnons nous totalement les moyens de l'action !
Vincennes le 12 Mars 2006
Professeur Pierre-Louis DRUAIS
Président du CNGE.
Collège National des Généralistes Enseignants
6bis rue des 2 communes - 94300 Vincennes
Tel : 01 53 66 91 80 - Fax : 01 53 66 91 81
Email : cnge@cnge.fr - www.cnge.fr
Pierre NEVIANS
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