AmedRef

Lettre ouverte à Monsieur le Docteur Michel Combier

dimanche 25 novembre 2007 par Hélène BAUDRY-LAMY

Nous avons lu avec perplexité votre lettre hebdomadaire N°360, du 20/11/2007  [1]

Aussi permettez moi d’en faire quelques commentaires…

Vous dites :

  • "La nouveauté réside dans la mise à bas de ce qui a marché" :

Pardonnez moi, mais l’honneur vous appartient (je veux dire l’honneur de mettre à bas…) Rappelez vous, Monsieur Combier… que vous ont-ils fait, les médecins référents, à part le péché originel d’avoir été imaginés par un type génial (Richard Bouton) qui avait eu l’idée géniale de faire rémunérer tous les médecins généralistes qui le voulaient pour un travail qu’ils s’efforçaient pour la plupart de faire déjà jusque là sans aucune reconnaissance : coordination des soins, tenue du dossier, organisation de la permanence des soins, prévention, informatisation, télétransmission… Quarante cinq euros par patient allaient leur permettre de respirer, relâcher la pression, et si possible organiser mieux leur travail avec ces revenus bienvenus. Vous avez préféré casser cela pour vous venger du syndicat qui a fait la rupture avec la CSMF pour faire reconnaître la médecine générale et ces "médecins de famille" comme vous aimez les appeler, courant de maison en maison avec leur cartable, pendant que leur épouse (ou leur femme de ménage) tenait la porte.

Vous dites :

  • "Ce n’est pas le syndicat qui avait accordé 2 jours supplémentaires de formation rémunérés aux référents qui va venir donner des leçons de morale" :

Où situez vous la morale ? Que ne vous êtes vous pas battu pour que tous les médecins traitants puissent bénéficier de 10 journées de formation rémunérée par an ?
Vous ne pensez quand même pas que c’est l’appât du gain qui détournerait des médecins de leur cabinet pour une indemnisation de seulement 15C par jour tandis que des médecins responsables, eux, se contenteraient des soirées de labos pour leur formation ? Insinueriez vous que la FPC ne permet pas une formation de qualité ?
Serait-ce pour cela que vous en auriez réparti différemment le budget ? Mais vous avez raison d’avoir laissé supprimer les FPC de gynécologie et de pédiatrie, vous considérez sans doute que "chacun dans son champ et les vaches seront bien gardées", quelle prétention ont donc les généralistes de vouloir mieux suivre des grossesses, faire des examens gynécologiques et examiner des enfants… Laissons cela aux "vrais" spécialistes qui pourront se plaindre de ne plus pouvoir faire face… Apprenons plutôt aux généralistes à bien prescrire sur les ordonnanciers bizones, c’est quand même infiniment plus valorisant… Quand je pense que vous nous traitiez de "médecins de caisse", de "médecins Déférents" !!!
Nous vous devons quand même une fière chandelle : c’est de nous avoir aidé , en nous poussant à créer l’AMedRef à faire comprendre aux 9/10ème des généralistes que l’Option Médecin Référent était la chance pour la médecine générale qu’il n’ont pas su saisir par votre faute à vous, qui aviez pour mission de nous défendre, nous, les généralistes.

Allez, je ne vais pas être méchante, je ne commenterai pas vos réflexions sur les "syndicats croupions" qui en a fait rire plus d’un, ainsi que le sophisme digne du chat à neuf queues concernant le financement obligatoire de la Formation Médicale par les firmes pharmaceutiques sans aucune réflexion sur les conflits d’intérêts en présence, ou encore votre insistance à faire répercuter le prix du gasoil sur celui des visites à domicile quand celles-ci deviennent l’exception…

Si je pouvais vous suggérer une vraie mesure qui pourrait tout changer pour nous, puisque c’est vous seul (ou plutôt Michel Chassang) qui nous représentez maintenant à la table conventionnelle : demandez que les médecins généralistes qui se donnent le mal de se faire aider pour mieux travailler (assistant, secrétaire, …) reçoivent une indemnisation conséquente, préalable indispensable à toute action de santé publique digne de ce nom au sein d’un cabinet de médecine générale et facteur incontestable améliorant l’accueil et la qualité.
Et surtout, demandez à ne pas pénaliser les médecins travaillant de façon isolée, au contraire, ce sont eux qui ont le plus besoin d’aide pour que leur cabinet fasse envie et qu’ils puissent un jour s’associer ou avoir un successeur.

Docteur Hélène Baudry
Présidente de l’Association Nationale des Médecins Référents (AMedRef)
[Email]

[1] UNOF Branche généraliste de la CSMF

La lettre hebdomadaire N°360, 20/11/2007

L’envie de tout foutre en l’air Voilà vraiment l’impression, trivialité comprise et assumée, que donnent le gouvernement, et son bras armé le Parlement, en ces jours de PLFSS. La nouveauté réside dans la mise à bas de ce qui a marché. Pensant faire du neuf, ils mettent dans la loi de vieilles recettes qui n’ont pas marché dans les pays qui les appliquent. Dans cette période de grèves et d’embolisation du trafic, on a plutôt une impression de déjà vu que de nouveauté. Ce qui serait nouveau serait de s’occuper de ce qui plombe les chiffres de l’Assurance Maladie depuis des années, à savoir la gabegie de la gestion hospitalière, qui pressurise l’essentiel de notre mission : le soin. Il n’y a pas que du point de vue météorologique que nous rentrons dans l’automne. Au niveau de la pensée sanitaire, la volte face gouvernementale de l’été nous a fait descendre en dessous du degré zéro de la réflexion. Les temps qui s’annoncent seront frigorifiques pour les médecins généralistes qu’on ne rêve plus qu’à la botte avec des contrats d’objectifs individuels. A vos rangs, fixe ! Docteur Michel COMBIER, Président…

F.M.C. : on croit rêver Tout le foin fait autour de la Formation Médicale Continue conventionnelle laisse rêveur. Depuis des années, MG Form et ses satellites monopolisent la formation médicale des médecins généralistes leur donnant, dans leurs années de gestion, la quasi-totalité des budgets engagés. Depuis 2005, les spécialistes ont accédé à cette formation grâce à la convention unique. Depuis, un certain équilibre a été réintroduit dans la répartition des formations. MG Form reste quand même en tête des structures en nombre de formation, donc de financement. Le sectarisme dont il a tant usé à son époque n’est plus de mise, qui s’en plaindrait ? Ce n’est pas le syndicat qui avait accordé 2 jours supplémentaires de formation rémunérés aux référents qui va venir donner des leçons de morale. Cette dernière pourrait être d’ailleurs un thème de formation vu le nombre de nécessiteux.

F.M.C. : Comment financer ? Au delà de la polémique, la F.M.C. (et l’E.P.P.) pose un réel problème de financement. Actuellement, il faut bien l’admettre, l’industrie pharmaceutique est le plus gros investisseur. Les tutelles ont une double volonté : mettre moins d’argent dans la formation et interdire aux industriels tout financement. On voit de suite la profondeur de la réflexion. La Caisse souhaite que son argent de formation conventionnelle serve aux thèmes de la maîtrise médicalisée pour avoir un retour sur investissement. Face à toutes ses positions, les médecins généralistes se retrouvent désemparés, avec des contraintes non financées. De deux choses l’une, soit on met de la clarté dans ce système, en ne se privant d’aucun financement dans un cadre éthique, soit on donne aux médecins généralistes des honoraires suffisamment élevés pour leur permettre de laisser leur cabinet pour aller se former. Simple, non ?


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