Lettre à FVR (1)
vendredi 7 octobre 2005 par Hélène BAUDRY-LAMY
Monsieur le Directeur,
La « convergence » approche, c’est l’affaire de quelques semaines maintenant et les médecins référents ne voient toujours rien venir. Si j’ai retenu une chose de la nouvelle convention, c’est que la sécurité sociale n’est pas un partenaire fiable pour les médecins généralistes. Demain, je ne pourrai pas faire face à la chute des revenus occasionnés par la perte de l’option, il me faudra choisir entre ne pas payer mes impôts, mes cotisations sociales, ma retraite, ou ma secrétaire. Cela semble trivial, mais c’est la simple vérité. Non seulement nous allons perdre nos forfaits, mais en plus nous n’avons plus de correspondants au niveau des caisses et les règlements des tiers payants et des forfaits qui restent ont l’air de se faire suivant le principe de la loterie. Quel salarié continuerait à travailler lorsque son salaire arrive de façon aléatoire et qu’en plus il apprend que pour une raison bassement idéologique, il v être amputé de 10 à 20% ?
Il paraît que vous avez des projets pour les médecins traitants, que vous pensiez, après avoir supprimé le médecin référent « introduire » une part forfaitaire dans la rémunération du médecin généraliste, en rapport avec des actions de prévention. L’option référent avait donné aux médecins les moyens financiers de s’investir dans la prévention, le dépistage, une bonne gestion des dossiers des patients. Vous avez déploré le manque d’évaluation, nous aussi. Nous n’avons même pas eu de la part des caisses la liste de nos patients à l’option remise à jour annuellement, ce qui était pourtant le B, A, BA … l’auto évaluation est assez difficile dans ce cas, même si nous avons mis un point d’honneur à gérer au mieux nos dossier.
Nous ne demandons pas mieux que de continuer à travailler comme nous l’avons toujours fait, avec en plus un outil pour pouvoir systématiser notre travail, mais si nous devons passer par un purgatoire voire un enfer financier qui nous laissera exsangue, l’enthousiasme ne sera pas au rendez-vous, c’est bien normal.
Si je n’ai pas l’assurance dans les semaines qui viennent que les revenus de l’option seront maintenus en attendant cette « convergence » mystérieuse, puisque on a détruit le système qui permettait de s’en dégager, je vais devoir pour m’en sortir financièrement m’engager dans une « course à l’acte » que les tenants du paiement à l’acte exclusif connaissent bien. C’est très facile et je saurai le faire.
Maintenant, j’ose espérer que vous comptez remédier à cette carence, aimant mon métier je ne demande (encore) qu’à m’y investir comme je l’ai toujours fait et à participer à la mise en place de cette filière qu’est le médecin traitant, pour peu que le médecin généraliste y soit enfin mis à sa juste place.
Espérant encore, malgré mon amertume, être entendu, je vous prie de croire…
