Le trou de la sécu se creuse encore et encore
mercredi 15 juin 2005 par Tekno
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Une réforme pour rien ?
D’après les informations publiées mardi dans « La Tribune », les comptes de la sécu ne devraient pas s’arranger cette année en dépit de la vaste réforme récemment mise en place par le ministre de la santé Philippe Douste-Blazy.
Selon le quotidien économique qui s’est procuré la note d’analyse semestrielle de l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale), la trésorerie de la sécu accusera fin juin un déficit de 5,4 milliards d’euros. Soit un trou supérieur de près d’un milliard d’euros aux prévisions du gouvernement. Selon l’Acoss, ce dérapage tient à la fois à l’atonie des recettes de la sécu et au dynamisme des dépenses maladie. « Sensible au 1er trimestre, ce décalage entre les tirages (dépenses) et les encaissements (recettes) s’aggraverait encore entre avril et juin », ajoute le journal.
La persistance d’un taux de chômage supérieur à 10% de la population active n’arrange pas les choses et ce alors que la réforme mise en place par Douste-Blazy a permis d’accroître le financement de la sécu avec une hausse de la CSG et un élargissement de son assiette en direction des bas salaires.
Pour l’Acoss, c’est principalement le « dynamisme » des dépenses de santé qui explique en premier lieu cette nouvelle dégradation. L’augmentation des dépenses de santé devrait atteindra 6,6% en glissement annuel à la fin du second trimestre, soit une nouvelle accélération après les 2,9% de hausse déjà prévus pour le premier trimestre.
L’Acoss évoque aussi « des effets calendaires qui pèseront sur les dépenses de la branche maladie ». Autrement dit, moins il y a de jours fériés comme ce sera le cas avec le jour de Pentecôte travaillé à partir de cette année « en solidarité » envers les personnes âgées et dépendantes, plus on consulte son médecin. Le surplus de recettes dégagées par l’activité ce jour-là entraînera donc également un surplus de dépenses d’assurance-maladie, pronostique la sécu. Ajoutons à cette explosion des dépenses l’accroissement de l’espérance de vie dans l’hexagone de dix mois sur les deux dernières années… le cocktail est explosif.
Les prochaines prévisions des comptes de la sécu seront publiées en juin, rappelle La Tribune en conclusion, voire avant si son comité d’alerte mis en place par la réforme Douste-Blazy décide d’intervenir. Ce comité, qui ne devrait pas rester inerte au vu de ces premiers dérapages post-réforme, est notamment chargé de proposer des mesures « correctrices » en cas de hausse non prévue des dépenses d’assurance-maladie. Elles pourraient se traduire sous la forme d’augmentation des recettes et donc des cotisations.
