L’Option Médecin Référent représente
lundi 14 novembre 2005
Navigation rapide
La réforme du médecin traitant mise en place courant 2005 est la conséquence d’une convention médicale établie en Janvier 2005 entre le gouvernement et les syndicats médicaux les plus libéraux.
Sur le plan tarifaire, cette réforme a permis la revalorisation des actes des médecins spécialistes, et l’extension des possibilités de dépassement d’honoraires des spécialistes en secteur 1, si le patient consulte en dehors du parcours coordonné par son médecin traitant.
Le médecin traitant ne bénéficie de moyen pour coordonner ce système que pour une minorité de ses patients (en ALD).
Si les revalorisations tarifaires des spécialistes n’ont fait l’objet d’aucune contrepartie, les généralistes, eux, ont été invités à réaliser des économies gagées sur les indemnités journalières d’arrêt de travail, le remboursement des affections de longue durée, les prescriptions de certains médicaments ( statines, antibiotiques, psychotropes).
Cette convention médicale a aussi entériné la mort programmée de l’option médecin référent, système dont les économistes et les observateurs du système de santé reconnaissent pourtant l’étroite parenté avec le système du médecin traitant.
A ceci près que l’option référent était un système optionnel, volontaire, incitatif, et non pénalisant pour le patient.
A ceci près que le médecin généraliste qui s’y impliquait acceptait de se conformer à un véritable cahier des charges.
L’OPTION MEDECIN REFERENT représente :
8000 médecins généralistes
1.4 Million de patients, auquel il faut ajouter leurs enfants
Un système de coordination des soins optionnel, volontaire, incitatif, non pénalisant
14 % des médecins généralistes français ayant accepté un partenariat gagnant-gagnant avec les caisses d’assurance-maladie, au service de leurs patients
Une économie de 20.000 euros par an et par médecin pour les caisses d’assurance maladie
Une économie de 14% par an et par médecin pour les mutuelles
Un engagement plus grand de ces médecins et de leurs patients dans les campagnes de dépistage et de prévention
Un système d’incitation à la qualité dans lequel les médecins s’engagent à respecter un véritable cahier des charges :
- Respecter un seuil maximal annuel d’activité
- Respecter les tarifs conventionnels,
- Pratiquer la dispense d’avance de frais afin que tous puissent avoir égal accès aux soins
- Tenir pour les patients un dossier médical informatisé
- Prescrire des médicaments génériques
- Prescrire en fonction des recommandations de bonne pratique et des référentiels
- Se former indépendamment de l’industrie pharmaceutique, accepter l’évaluation des pratiques
Ce n’est pas de la science-fiction.
Ce système existe depuis 1997 : mis en place par le gouvernement Juppé, il a été repris puis perfectionné par le gouvernement Jospin en 1998, puis en 2000.
Le gouvernement actuel l’avait intégré dans sa loi de réforme, confirmant le caractère novateur et modélisant de cette option conventionnelle.
Il est facteur d’économie pour les caisses, les mutuelles, les patients
Il permet de dégager les médecins du seul paiement à l’acte, d’investir dans le fonctionnement du cabinet (Carte Vitale, informatisation, formation, secrétariat, équipements…)
Il est plébiscité à l’étranger et montré en exemple
MAIS
Il a toujours fait l’objet des attaques virulentes et du rejet viscéral des syndicats médicaux les plus attachés au paiement à l’acte, ceux là même qui ont négocié avec les caisses l’élargissement des possibilités de dépassements d’honoraires et la revalorisation des actes des seuls médecins spécialistes.
Le système de santé français est-il en si bonne forme qu’il puisse se satisfaire d’un retour de huit ans en arrière, de la destruction d’une option conventionnelle économe des deniers publics, de la mise en danger de 8000 cabinets de médecine générale, au moment où cette spécialité, mal rémunérée, surchargée de travail, voit fuir les étudiants qui représentent son avenir ?
Le système de santé français peut-il tuer 8000 généralistes pour satisfaire l’appétit de revanche de quelques syndicalistes ultralibéraux ?
La question est posée. Il est urgent pour nos responsables politiques d’y répondre.
Réalisation : Christian Lehmann, Olivier Rozand, Pierre Névians, Jean-Benoît Chenique et Pascal Charbonnel avec le soutien actif et les témoignages de leurs confrères de l’AMedRef.
Adhérez à l’Association nationale des Médecins Référents http://www.amedref.org
[Email]
06 80 18 78 87
02 97 41 22 20
