J’ai été mandatée par l’URML de Bretagne pour participer à ces Etats Généraux de la prévention.
Je me sens particulièrement concernée par la prévention dans la mesure où j’ai pu être médecin référent pendant 6 ans et mesurer ce que l’Option Référent pouvait offrir en terme de dépistage et de prévention.
Les médecins généralistes sont des acteurs de prévention incontournables : ils connaissent les patients, ceux-ci les ont désignés. Mais leurs conditions actuelles d’exercice ne leur permet plus de jouer ce rôle dans des condition optimales. Des expérimentations intéressantes sont menées actuellement mais nécessitent toutes un budget exceptionnel qu’il n’est pas prévu d’étendre à l’ensemble des généralistes… et pourtant c’est pourtant cela qu’il faudrait viser.
Pour en avoir pratiqué avec différents organismes, je mettrai un bémol appuyé à la « consultation de prévention » qui se met en place si elle n’est pas ciblée au départ. L’expérience que j’ai eue avec celles de la RAM et de la MSA m’ont montré que les personnes que nous recevons le plus souvent sont celles qui en ont le moins besoin.
Le travail de dépistage et de prévention en médecine générale :
- est indépendant du nombre d’actes que va effectuer le médecin mais dépendant de son nombre de patients
- peut débuter au niveau du fichier patient quand celui-ci est informatisé :
— Structuration du dossier
— Mise en place d’alertes
— Moteur de recherche permettant de faire ressortir les patients passés à travers les mailles de la prévention et du dépistage - Le recueil des données peut être effectué par une tierce personne travaillant au cabinet médical
- Il nécessite ensuite de la part du médecin un temps de consultation suffisamment important : comment motiver un patient à arrêter de fumer, de boire, de mal manger, de prendre des somnifères, comment dépister le risque suicidaire chez l’adolescent, comment convaincre un patient qu’on peut se passer de certains médicaments lorsque l’impératif économique pousse à faire plutôt des actes courts.
L’OMR offrait toutes ces caractéristiques :
Le médecin référent percevait une rémunération forfaitaire par patient qui lui permettait de se libérer du temps médecin et/ou de rémunérer une assistante pour le cabinet. En contrepartie il s’engageait à limiter son nombre d’actes, et entre autres engagements de qualité tels que la formation, les groupes de pairs à avoir un dossier informatisé correctement tenu et à participer à des campagnes de dépistage s’il lui en était proposé. Il proposait à ses patients de bénéficier de la dispense d’avance de frais qui supprimait le frein social de l’accès aux soins.
Un de mes collègues a étudié l’impact de l’OMR sur le dépistage de cancer du Colon dans l’Héraut. Le résultat est disponible si vous le désirez (à paraitre dans la revue Prescrire). Les Caisses disposent peut-être d’autres études de leur côté mais ne nous ne les ont pas fournies.
Qui s’inquiète du fait qu’un médecin généraliste est maintenant obligé de s’associer ou de faire un grand nombre d’actes pour pouvoir se financer quelques heures de secrétariat ? Qui s’inquiète qu’au mieux il doive se débrouiller avec un secrétariat téléphonique et gérer seul le travail administratif de plus en plus lourd qu’on lui impose ?
Cessons enfin de vouloir réinventer l’eau chaude ! La diversification des modes de rémunérations ne devrait plus être un mystère en Santé Publique.
Dr Hélène Baudry, Damgan le 29/01/2007
Hélène BAUDRY-LAMY
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